Affichage des articles dont le libellé est Beaux textes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Beaux textes. Afficher tous les articles

La saveur de l'existence

La saveur de l'existence

 Aujourd'hui, nous vivons dans une culture de l'immédiat. On s'emballe, on se passionne, on s'enthousiasme ; on se désole, on dégringole. On vit dans l'émotion : cela peut nous jouer de bien vilains tours. Au risque de passer à côté de notre authenticité.

 Prendre un peu de hauteur, regarder les choses avec un peu de distance, laisser plus de place au raisonnement nous fait grandir. Les pas de côté que d'autres nous suggèrent, la prise de hauteur que la vie nous impose quelquefois, ou la descente dans notre profondeur nous permettent d'accueillir ce qui se dessine dans nos vies avec plus de légèreté. Et se précise alors le choix de continuer le chemin entamé ou de décider de changer de route, si elle ne nous convient pas.

Mystérieusement, les pas de côté, la prise d'un peu de hauteur ou de profondeur, qui peuvent parfois nous donner le sentiment d'avoir un pied dans le vide, nous recentrent, nous alignent, nous remettent dans notre vraie nature, apportent de plus en plus de vie et de saveur à l'existence. Changer de point de vue, c'est bien souvent changer de point de vie.

Raphaël Buyse (source : La Vie)

Amanda Gorman

Pour l'investiture du nouveau Président Joe Biden, le 21 janvier 2021, la poétesse noire-américaine Amanda Gorman a captivé le public avec ses vers appelant à l'unité des Etats-Unis.
Agée de 22 ans, la jeune femme originaire de Los Angeles a récité un poème de sa composition, "The Hill We Climb" – en français, "La colline que nous gravissons".

Baiser masqué

Baiser masqué
    
Faudra-t-il ne s’aimer que de chair pour pouvoir s’embrasser ?        

Laisserons-nous cette peur irraisonnée nous interdire de recevoir un baiser?
Consentirons-nous encore et encore à laisser nos aînés partir seuls sans les avoir enlacés?
Oserons-nous longtemps n’offrir à nos tout petits que des visages masqués?
Oublierons-nous à tout jamais le plaisir de laisser nos corps se frôler et nos mains se serrer?

Et pourquoi ?
Par peur d’une mort que nous faisons tout pour occulter?

Mais c’est une mort lente que nous programmons là, la mort de la fraternité humaine, la mort des relations tendres et respectueuses qui constituent le bonheur simple et essentiel de la vie.
Le renoncement à la capacité que nous avons de nous protéger et de nous auto-guérir grâce entre autres, à la joie et à l’affection que nous partageons, à la liberté qui nous fait rêver et créer, à l’amour sans lequel la vie à laquelle nous nous cramponnons n’a aucun sens ...

Elisabeth Kuhn    

   Texte découvert sur le site "Phythospiritualité"

Martin Luther King - I have a dream  28/08/1963

..Je vous le dis ici et maintenant, mes amis : même si nous devons affronter des difficultés aujourd'hui et demain, je fais pourtant un rêve. C'est un rêve profondément ancré dans le rêve américain.
 Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : "Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux."
Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve que, un jour, l'État du Mississippi lui-même, tout brûlant des feux de l'injustice, tout brûlant des feux de l'oppression, se transformera en oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère.
Je fais aujourd'hui un rêve !
Je rêve que, un jour, même en Alabama où le racisme est vicieux, où le gouverneur a la bouche pleine des mots "interposition" et "nullification", un jour, justement en Alabama, les petits garçons et petites filles noirs, les petits garçons et petites filles blancs, pourront tous se prendre par la main comme frères et sœurs.
Je fais aujourd'hui un rêve !
Je rêve que, un jour, tout vallon sera relevé, toute montagne et toute colline seront rabaissés, tout éperon deviendra une pleine, tout mamelon une trouée, et la gloire du Seigneur sera révélée à tous les êtres faits de chair tout à la fois.
Telle est mon espérance. Telle est la foi que je remporterai dans le Sud.
Avec une telle foi nous serons capables de distinguer, dans les montagnes de désespoir, un caillou d'espérance.
 Avec une telle foi nous serons capables de transformer la cacophonie de notre nation discordante en une merveilleuse symphonie de fraternité.
Avec une telle foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d'aller en prison ensemble, de nous dresser ensemble pour la liberté, en sachant que nous serons libres un jour.
 Ce sera le jour où les enfants du Bon Dieu pourront chanter ensemble cet hymne auquel ils donneront une signification nouvelle
-"Mon pays c'est toi, douce terre de liberté, c'est toi que je chante, pays où reposent nos pères, orgueil du pèlerin, au flanc de chaque montagne que sonne la cloche de la liberté"-
et si l'Amérique doit être une grande nation, il faut qu'il en soit ainsi.
Aussi faites sonner la cloche de la liberté sur les prodigieux sommets du New Hampshire.
Faites la sonner sur les puissantes montagnes de l'État de New York.
Faites la sonner sur les hauteurs des Alleghanys en Pennsylvanie.
Faites la sonner sur les neiges des Rocheuses, au Colorado.
Faites la sonner sur les collines ondulantes de la Californie.
Mais cela ne suffit pas.
Faites la sonner sur la Stone Mountain de Géorgie.
Faites la sonner sur la Lookout Mountain du Tennessee.
Faites la sonner sur chaque colline et chaque butte du Mississippi, faites la sonner au flanc de chaque montagne.
Quand nous ferons en sorte que la cloche de la liberté puisse sonner, quand nous la laisserons carillonner dans chaque village et chaque hameau, dans chaque État et dans chaque cité, nous pourrons hâter la venue du jour où tous les enfants du Bon Dieu, les Noirs et les Blancs, les juifs et les gentils, les catholiques et les protestants, pourront se tenir par la main et chanter les paroles du vieux "spiritual" noir :
 "Libres enfin. Libres enfin. Merci Dieu tout-puissant, nous voilà libres enfin."

Et les gens restèrent chez eux


Un poème de Katleen O’Meara, écrit lors d’une épidémie au XIXème siècle

Et les gens restèrent chez eux.
Ils lurent des livres, écoutèrent,
se reposèrent, firent de l’exercice,
firent de l’art, jouèrent à des jeux
et apprirent de nouvelles façons d’être.
Et ils écoutèrent davantage.
Certains méditaient, d’autres priaient, d’autres encore dansaient.
D’autres rencontrèrent leurs ombres.
Et les gens se mirent à penser différemment.
Et les gens guérirent.
Et, en l’absence de personnes ignorantes, dangereuses, insensées et sans coeur,
la terre commença à cicatriser.
Et quand le danger fut passé,
et que les gens se rassemblèrent à nouveau, 
ils pleurèrent leurs pertes, firent de nouveaux choix,
rêvèrent de nouvelles images,
et créèrent de nouvelles façons de vivre.
Et la terre guérit pleinement,
et eux aussi furent guéris.

– Kitty O’Meara

C'était en mars 2020...

C'était en mars 2020 ...
Les rues étaient vides, les magasins fermés, les gens ne pouvaient plus sortir.

Mais le printemps ne savait pas, et les fleurs ont commencé à fleurir, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les hirondelles allaient bientôt arriver, le ciel était bleu, le matin arrivait plus tôt.

C'était en mars 2020 ...
Les jeunes devaient étudier en ligne, et trouver des occupations à la maison, les gens ne pouvaient plus faire de shopping, ni aller chez le coiffeur. Bientôt il n'y aurait plus de place dans les hôpitaux, et les gens continuaient de tomber malades.

Mais le printemps ne savait pas, le temps d'aller au jardin arrivait, l'herbe verdissait.

Les gens ont été mis en confinement. pour protéger les grands-parents, familles et enfants. Plus de réunion ni repas, de fête en famille. La peur est devenue réelle et les jours se ressemblaient.

Mais le printemps ne savait pas, les pommiers, cerisiers et autres ont fleuri, les feuilles ont poussé.

Les gens ont commencé à lire, jouer en famille, apprendre une langue, chantaient sur le balcon en invitant les voisins à faire de même, ils ont appris une nouvelle langue, être solidaires et se sont concentrés sur d'autres valeurs.
Les gens ont réalisé l’importance de la santé, la souffrance, de ce monde qui s'était arrêté, de l’économie qui a dégringolé.

Mais le printemps ne savait pas. les fleurs ont laissé leur place aux fruits, les oiseaux ont fait leur nid, les hirondelles étaient arrivées.

Puis le jour de la libération est arrivé, les gens l'ont appris à la télé, le virus avait perdu, les gens sont descendus dans la rue, chantaient, pleuraient, embrassaient leurs voisins, sans masques ni gants.

Et c'est là que l'été est arrivé, parce que le printemps ne savait pas. Il a continué à être là malgré tout, malgré le virus, la peur et la mort.

Parce que le printemps ne savait pas, il a appris aux gens le pouvoir de la vie.
Tout va bien se passer, restez chez vous, protégez-vous, et vous profiterez de la vie.

Et surtout gardez le sourire️!
Source anonyme (publié par le petit journal Hong Kong)